Mon chef veut toujours avoir raison, est-ce que c’est grave (docteur) ?

Il est comme ça : quelque soit le sujet de la discussion, votre chef veut toujours avoir le dernier mot. Quelle attitude adopter ?

C’est humain !
« Que le chef veuille toujours avoir raison, c’est humain, explique Nathalie Esnault. Mais c’est grave à partir du moment où cette attitude nuit à l’efficacité, à la performance et casse la motivation de ses collaborateurs ».

Eviter la partie de ping-pong
« Le chef veut toujours avoir raison, ce n’est pas grave, explique Pascale Théobald. Ce qui est important, c’est de faire avancer les choses. Il faut essayer de se positionner différemment, sinon, l’échange avec lui revient à une partie de ping-pong. Pour éviter cela, il faut passer par le factuel, déterminer à qui appartient le problème, passer par un mode descriptif. Passer de la personne à ce que fait la personne ».

Dangereux à long terme
Pour Isabelle Harlé, cette situation n’est pas grave si le chef reste dans les termes définis par le contrat de travail : « En revanche, en voulant toujours avoir raison, le chef n’utilise pas notre capacité à innover, à prendre des initiatives. C’est dommage, mais il faut l’accepter ». Même avis pour Olivier Pauvarel : « Si cette attitude est ponctuelle et limitée dans le temps, elle ne pose pas vraiment de problème. Par exemple, le chef autoritaire a raison de l’être quand la situation de travail est potentiellement dangereuse et qu’il est particulièrement compétent pour gérer la situation. En revanche, si le chef veut avoir raison dans toutes les circonstances, c’est grave : dans un premier temps, on n’en est pas très conscient, mais à la longue, cette attitude du chef va nous faire perdre en capacité d’initiative ».

C’est grave… pour lui !
« Oui, c’est grave que le chef veuille toujours avoir raison, mais surtout pour lui, et pour l’entreprise, explique Jean-Louis Muller. Le rôle d’un chef, c’est de faire réussir ses collaborateurs et une entreprise pour fonctionner a besoin de gens qui prennent des initiatives : or un tel chef bride toute créativité ».

Le laisser s’enliser
« Pour contrer une telle attitude, ajoute Jean-Louis Muller, mieux vaut éviter de faire la morale à son chef : il faut lui expliquer qu’il va finir par être surmené à vouloir tout faire seul. Ou alors, il est possible de se montrer pervers en le laissant s’enliser tout seul. Ou bien encore, profiter de la proximité des oreilles du DRH au restaurant d’entreprise, par exemple, pour laisser filtrer – l’air de rien – l’idée que notre chef ne nous laisse prendre aucune initiative… ».


Une accusation injuste

Le chef doit savoir entendre les remarques, suggestions et reconnaître qu’il s’est trompé, comme l’illustre cette histoire racontée par Anne-Florence Beauvois.
« Si le chef n’est pas capable de reconnaître ses erreurs, de présenter des excuses au salarié qui en a fait les frais, cela peut être grave : je me souviens d’un salarié qui avait été à tort accusé de vol et stigmatisé au sein de l’entreprise à ce sujet. On avait pu constater ultérieurement qu’il était innocent, en faisant un contrôle de caisses… Mais il était resté meurtri de ne pas avoir reçu d’excuses véritables. Depuis lors, il venait au travail pour la paye, mais était totalement démotivé ».

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