TEMOIGNAGE. Jeanne, 27 ans, chef de projet éditorial dans une agence de communication

« Mon chef difficile n’était autre que le fondateur de l’agence. Il n’était pas mon supérieur direct, mais j’avais quand même régulièrement des échanges avec lui. Dans les premiers temps après mon arrivée, il m’a prise sous son aile en étant très positif, il expliquait ses choix, les argumentait. Notre rapport était constructif puisque ce patron usait de beaucoup de pédagogie. Puis, probablement sous la pression du plus gros client de l’agence, notre relation s’est détériorée. Ce client en question n’était pas exigeant, il était difficile, incohérent, avec des demandes toutes plus saugrenues les unes que les autres… »

« Mon chef a sûrement craint de perdre ce budget. A partir de là, il est devenu lunatique, il arrivait de mauvaise humeur le matin et ne validait pas un travail qu’il avait lui-même demandé et décidé ».

Résistance. « Avec mes collègues, nous avons décidé d’en rire le plus possible. On se serrait les coudes pour faire face aux demandes saugrenues faites au dernier moment… Et puis surtout, le directeur éditorial de l’agence comprenait et vivait la même situation que nous.  Placé dans la hiérarchie entre moi et le patron de l’agence, il contribuait autant que possible à apaiser les esprits, vis à vis du patron, mais aussi vis-à-vis du client, en tentant d’expliquer des choix qu’il ne validait pas lui-même. Mais étant en première ligne, il a sauté comme un fusible et a démissionné au bout d’un an ! ».

Du courage. « A chaque fois que je voyais mon patron, je tremblais mais j’étais décidée à expliquer mes arguments. J’y allais avec un travail fini et propre, les demandes de correction du patron, les « modifs » supplémentaires demandées par le client, l’iconographie et la mise en page… Pour quel résultat ? Un refus catégorique, sans même regarder, voire en décalant le travail alors qu’il était 18H le vendredi soir et que ce travail était à présenter la veille au client… C’était usant, mais finalement très formateur, à condition de ne pas se laisser détruire psychologiquement ».

Se faire aider. Heureusement Jeanne a un conjoint qui la soutient : « Il me disait de tenir face à ce chef qui ne changerait pas de toutes façons, de prendre de la distance, ne pas mettre d’affect, et surtout ne plus y penser une fois les pieds hors de l’agence le soir. Mais quand on commence à pleurer le soir, quand on ne rit plus, quand on ne fait qu’y penser, que l’on ne dort plus, c’est qu’il est grand temps de partir ». Au bout de deux ans et demi, Jeanne atteint une sorte de point de non-retour… « J’ai passé 6 mois à me demander ce que je devais faire. Ma réponse fut de privilégier un projet personnel et rééquilibrer mes priorités en faveur de ma vie privée. J’ai donc démissionné ».

*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressée.

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