Un chef « insupportable » ? Et si c’était vous, le problème…

C’est peut-être la première question à se poser quand on a l’impression d’être tombé sur le pire chef de la terre. Par définition, le chef n’est-il pas toujours difficile à supporter, puisque c’est lui qui nous « commande » ? Contraint de lui obéir, n’avons-nous pas tendance à le juger un peu trop vite ? Eloge et défense du chef, en quatre points.

Le stress du chef. « De par la nature même de sa fonction, le chef peut être représenté comme quelqu’un de difficile, explique Nathalie Esnault. Dans son environnement actuel fortement pressurisé, il doit jouer plusieurs rôles : ambassadeur, amortisseur, relais d’information, locomotive. Il doit faire un exercice d’équilibriste qui favorise parfois des « dissonances » avec ses collaborateurs. Le chef n’est pas toujours compris lorsqu’il rappelle des règles, introduit des changements, décide ; il est mis hors jeu lorsqu’il émet des signes de défiance et demande toujours plus, sans reconnaissance ».

Difficile d’être un bon manager. « Bien souvent, un poste de management est la récompense donnée à quelqu’un qui a fait ses preuves, explique Anne-Marie Cariou. Mais, aussi bon soit-il dans son domaine, le salarié promu n’a souvent reçu aucune formation au management. On peut être un excellent ingénieur et n’avoir aucune intelligence émotionnelle. Les formations destinées aux managers sont souvent très techniques et n’abordent pas les aspects psychologiques de la fonction. Le rôle du manager n’est pas simple dans la mesure où il doit gérer les réactions émotionnelles parfois complexes de ses collaborateurs et de ses interlocuteurs confrontés à des situations professionnelles difficiles ».
Un avis partagé par Hymane Ben Aoun : « Le management est un métier. Bien souvent, les chefs sont de bons professionnels, techniquement parlant. Mais ils deviennent vite « difficiles » s’ils ne bénéficient pas d’un accompagnement digne de ce nom pour apprendre leur métier de chef. Et puis, il faut bien dire aussi que nombre d’entre eux sont trop jeunes, passés trop vite à des postes d’encadrement, parfois sans réelle personnalité managériale ».

Une question de perception. Et si le chef difficile n’existait pas ? Ce qui le rend difficile, ce serait alors la façon dont je le perçois… Il faut garder à l’esprit que dans certaines organisations, le chef ne peut pas faire ce qu’il veut : il doit rendre des comptes à ses supérieurs, satisfaire ses clients, ne pas faire trop de vagues sociales. S’il est trop « démago », cela peut se retourner contre lui. Parfois aussi, certaines personnes se laissent tyranniser par leur chef. Celles-là devraient se poser la question : quel intérêt je trouve à avoir un chef difficile ? Est-ce que ça ne m’arrange pas de me “victimiser” ainsi, en m’évitant de me poser certaines questions sur mon travail ?.

Des situations de travail stressantes. Et s’il y avait moins de chefs difficiles que de situations de travail stressantes ? « Aujourd’hui, l’entreprise bouge beaucoup, les managers changent souvent de périmètre et de fonctions, explique ce médecin du travail. Le salarié doit faire preuve de toujours plus d’adaptabilité. On n’est plus au temps des chefs enveloppants qui aidaient leurs collaborateurs à évoluer tout au long de leur carrière. L’évolution de l’économie fait que les chefs sont engagés pour des missions courtes qui peuvent les faire passer pour des « mercenaires » investis dans une tâche et non dans une démarche d’entreprise sur le long terme : tout ça rend les relations plus difficiles et plus tendues.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s