Le « mystérieux » algorithme d’APB enfin dévoilé (ou presque)

La promesse remonte au 8 décembre 2015. Ce jour-là, Najat Vallaud-Belkacem et son secrétaire d’état Thierry Mandon s’engageaient à rendre public le “mystérieux” algorithme de fonctionnement d’Admission post bac, le système informatisé qui gère depuis 2009 les demandes d’inscription dans une large partie des établissements d’enseignement supérieur. Promesse tenue – près de 7 mois plus tard, tout de même.

Ce mercredi donc, dans la boite mail des journalistes qui suivent l’éducation, dont ma pomme, deux documents : une infographie, et le fameux algorithme.

EDIT de 12:40 : les documents cités sont désormais en ligne sur le site du ministère de l’Education nationale.

« APB, comment ça marche ? « 

Aux parents et aux candidats qui se sont déjà frottés au fonctionnement d’APB, l’infographie n’apprendra pas grand chose (enfin, j’espère). C’est un rappel en image des différentes étapes de sélection des candidatures, selon que les vœux formulés concernent une filière sélective, une filière à capacité limitée, ou une filière ouverte.

Petit rappel du traitement des vœux :

> en filière sélective (CPGE, BTS, DUT, etc), les établissements choisissent les candidats sur dossier / lettre de motivation / entretien,

> en filière à capacité limitée (certaines L1 universitaires comme STAPS (sport), par exemple), il y a tirage au sort entre les candidats,

> en filière ouverte (verte sur APB), c’est open bar, il suffit d’avoir un bac, toutes séries confondues.

A la lecture de l’infographie du ministère, on relèvera tout de même cette nouvelle définition donnée au tirage au sort par le ministère de l’Education nationale : le « tri aléatoire ». Je ne m’en lasse pas. C’est joliment dit, mais toujours aussi désespérant pour les futurs étudiants qui chaque année ne peuvent pas accéder à la filière de leur rêve, parce qu’elle est surbookée (en STAPS (sports), par exemple). Pour ceux-là, double peine : s’ils ratent leur chance au tirage, ils ne peuvent même pas se rattraper au grattage. A quoi tient un projet professionnel…Bref.

Voici l’infographie envoyée par le ministère de l’Education nationale >>

APB

Voeu absolu et voeu relatif

Le deuxième document reçu ce mercredi 1er juin, en revanche, est sans doute promis à une longue carrière: il s’agit du fameux algorithme mis en place par APB pour trier les candidats dans les filières sélectives.

Avant de se coltiner l’algorithme, le ministère nous propose de refaire le point sur la différence entre un vœu relatif et un vœu absolu >>

Voeu absolu voeu relatif
Capture d’écran du PDF envoyé par le service de presse du ministère de l’Education nationale

Ensuite seulement, nous pouvons découvrir « l’algorithme » qui a nourri tant de suspicions et de fantasmes depuis sa mise en place. A noter qu’il ne s’agit pas du code source de l’application (publication à venir ?).

Tin-tin -tin ! Voici l’algorithme >>

Algorithme

Bien. A la lecture de ce document, qu’est-ce qu’on apprend ? « Pas grand chose », comme me l’avait annoncé la semaine dernière Bruno Magliulo, grand expert d’APB et des questions d’orientation, blogueur, ancien inspecteur d’académie, et surtout membre (bénévole) du comité national de suivi de la plateforme APB. Contacté la semaine dernière pour un article publié sur le site de L’Obs, il m’avait alors confirmé la publication prochaine de l’algorithme tant critiqué, une démarche devenue « incontournable », d’après lui, tant APB avait accumulé les soupçons d’être une boite noire. Une association, Droit des lycéens, menaçait même d’attaquer en justice l’état si l’algorithme n’était pas rendu public dans les meilleurs délais.

Bruno avait raison : à lire ce tableau, on peut vérifier que les critères de tri des candidats ne sont pas si secrets (même s’ils semblent tout de même un brin complexes au premier abord). Pour résumer, et sauf erreur de ma part, la publication de cet algorithme permet en effet de vérifier que les critères de tri mis en oeuvre sont bien ceux énoncés dans le « Guide du candidat APB ». A savoir, dans le cas des filières universitaires à capacité limitée:

  • l’académie d’obtention du bac ou de résidence
  • le classement du vœu étudié (1er en vœu relatif ou en vœu absolu)

Entre chaque étape, APB mouline, et si à la fin de ces « moulinages » il reste toujours trop de candidats, un tri aléatoire (= tirage au sort) est effectué. D’où l’intérêt pour les candidats (et leurs parents !) de soigner le classement de leurs vœux, en croisant à la fois leurs aspirations, et leurs chances d’être recrutés dans telle ou telle filière – indépendamment du triste tirage au sort. Pas évident. On aura l’occasion d’en reparler.

>> Lire aussi par Pixels dans Le Monde : « Un code source gardé secret »

6 commentaires

  1. Merci pour l’article.
    Si je comprends bien… la lettre de motivation, les bulletins et tout le tralala pour aller en licence sont inutiles car il y a un tirage au sort ? Juste le classement des vœux compte?

    J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s