#VisMaVieDePigiste #2 « Quand on oublie de me payer »

Pour ce deuxième épisode de #VisMaVieDePigiste, j’ai décidé de vous parler d’argent. Je suis une femme vénale. Oui, je l’avoue, je ne travaille pas uniquement pour la gloire, mais aussi pour gagner des sous.

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Voilà un sujet qui revient souvent dans la presse: des histoires d’entreprises qui coulent parce que leurs clients ne paient pas en temps et en heure. Petite entreprise à lui tout seul, le pigiste n’échappe pas à ce genre de plaisir. Un avantage: cela fait de lui un journaliste tout à fait en prise avec la réalité de la vie des entrepreneurs. Lesquels seront sans doute surpris de l’apprendre.
Bref, quand on est pigiste, mieux vaut savoir gérer ses finances. Tenez, moi, par exemple: j’ai un tableau dans lequel je fais la liste de mes piges (=les salaires correspondants à mes articles publiés). Ce tableau me sert pour suivre les paiements, surveiller ma moyenne mensuelle (si-si), pousser un petit cri de satisfaction à chaque fois que ça dépasse 2000 (hiii !!), etc.
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Là, c’est le tableau du mois de mai. Dans « pas réglé », il y a les sommes qui ne sont toujours pas réglées en cette fin juin (vous suivez?). Bon, je ne suis pas allée jusqu’à mettre en ligne le tableau en entier avec les noms des médias coupables, mais il y en a un qui s’illustre particulièrement, le coquin… Mais j’ai bon espoir: c’est plus une question d’organisation que de mauvaise volonté. Je suis vénale, mais quand même très compréhensive. 
Heureusement il s’agit de petites piges, des papiers faits en 1, 2 ou 3 jours, mais au total ça fait quand même du 1000 euros nets qui se balade dans la nature pour des piges datant de mars et d’avril. Pas un souci en soi, ça fait longtemps que j’ai appris à avoir de côté quelques mois d’avance pour parer à ce genre de situation – j’ai été pigiste 10 ans avant d’intégrer le groupe Express Roularta. Je renoue donc avec de vieilles habitudes. 
En revanche, nouvelle pratique de ma part, je suis devenue plus méfiante. Avant d’envoyer des idées de sujets à une nouvelle rédaction, je me renseigne toujours sur ses pratiques en matière de paiement. Et je laisse tomber quand on me parle de droits d’auteur, factures, oursins dans les poches du service paie. Il y a de très bons endroits pour se renseigner: les apéros de l’association Profession Pigiste*, le (vieux) groupe Yahoo Piges, le groupe Facebook Infos pigistes SNJ… Et je peux vous dire que certains groupes de presse en prennent pour leur grade quand deux  pigistes ou plus taillent la bavette. L’union fait la force, même quand on bosse en solo.
Voilà pourquoi quand quelqu’un (jeune, étudiant, journaliste en poste) me demande conseil sur la vie à la pige, je lui dis toujours qu’il faut être prêt à gérer des revenus en montagne russe. Tu rêves d’avoir un gros salaire qui tombe tous les 28 du mois, des vacances à date fixe et la sûreté de l’emploi ? C’est pas honteux du tout, mais oublie la pige.
Tu n’es pas trop flippé de la vie, et une start’up nation à toi tout seul? Fonce!

 

PS: l’association Profession pigiste organise les 29 et 30 juin prochain à Rennes Les 48 heures de la pige. Deux jours pour apprendre, échanger, se rencontrer entre pigistes. Deux mois que j’avais réservé billets et mignonne chambre d’hôte. Mais cette année encore comme l’année dernière j’ai du annuler pour cause de boulot. Les inscriptions sont encore ouvertes. Tu me raconteras si tu y vas?

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